Lui, Xavier Dutrouilh

Percussionniste fou, batteur précis, son incroyable accuité rythmique et son sens de la musique font de Jean-Mou un élément indispensable des Ptits T'hommes. Bon vivant rigolard et blagueur patenté, il peut résoudre n'importe quel conflit par le rire, et il est capable de prendre les choses les plus graves avec une légèreté, une simplicité et un humour salvateur. Etre sociable par excellence ce charmeur délicat et attentionné n'en est pas moins un travailleur exigeant, quoiqu'un peu désordonné. Sur scène, son jeu drôle, exubérant et juste, fait la joie des autres compagnons, et il est de loin l'élément le plus motivant des Ptits T'hommes. Mais ses allures de farceur invétéré cachent une intelligence sage, et ses goûts pour les choses simples de la vie en sont la meilleur preuve. Les Ptits T'hommes donnent là une personne dont la présence est fondamentale pour l'humeur du groupe, et pour la précision de sa musique.

Son instrument, la structure percussive

Jean-Mou joue au milieu d'un invraisemblable bric-à-brac de tôles, de tambours, de bouts de bois et de pièces métalliques en tous genres. Il n'en fût pas toujours ainsi, mais depuis sa plus jeune enfance, Jean-Mou a toujours tapé sur tout. Sur des casseroles, sur des meubles des chaises, des éviers, des fenêtres, sur des boîtes de conserves et sur son petit frère. Arrivé à l'âge adulte, il décida de parcourir le monde, pour vérifier si tout pouvait être frappé. Il s'arma de ses baguettes, et partit. Il voyagea partout, tapant sur le moindre objet, comparant les sons, les effets, les résonances et les matières. Mais partout il fût déçu : il n'y en avait jamais assez, et les résultats n'étaient jamais à la hauteur de ses attentes. Un Jour pourtant, alors qu'il avait trouvé un abri de fortune dans une vieille voiture abandonnée, Il se réveilla stupéfait au milieu d'une gigantesque casse, où l'automobile et lui avaient été emmenés pendant la nuit. Il n'en revint pas, et passa une année entière à frapper sur le moindre objet de la casse, dans une extase incroyable. Il y serait resté longtemps encore si le patron de la casse, irrité par la percussion ininterrompue de Jean-Mou, ne l'avait chassé vivement. Ce dernier eut à peine le temps d'emporter avec lui une maigre partie de ses instruments préférés. Mais depuis, au sein des Ptits T'homme, il ne s'en sépare plus.